Marceau Méresse, notre voisin

Du tout début de l’année 1935 jusqu’au milieu de 1938 Marceau Méresse loua la villa « Mon Désir » sur la rue qui mène de Marignane à Saint Victoret. Puis, il occupa la villa qu’il s’était fait construire à Saint Victoret, près de la Croix ; mais il en sera chassé en 1943 par les allemands, lors de l’occupation, et partira à Aix-en-Provence jusqu’à la fin de la guerre.

Les débuts

   Marceau Méresse naît le 25 juin 1905 à Saint Hilaire-lez-Cambrai, dans le Nord. Il entre le 2 mars 1925 à l’école d’aviation Camplan à Bordeaux comme élève pilote boursier et passe son brevet de pilote d’avion sur SPAD VII en juin de cette même année, et celui d’hydravion en février 1926. Il effectue alors son service militaire dans l’Aéronavale en tant que pilote à l’escadrille R I à Berre.

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   Le 16 septembre 1927, il obtient son brevet de pilote de transport public d’avions et d’hydravions (N° 1032). Il entre à la Compagnie Générale Aéropostale (Latécoère) à Toulouse le 17 septembre, recruté par Didier Daurat pour effectuer les liaisons Oran-Alicante-Oran sur hydravion Lioré-Olivier H 13.

Le 7 décembre 1927, avec Le Duff et 2 passagers, il se tire de justesse d’un grave accident en Méditerranée.   En 1928, à l’ouverture de la ligne Marseille-Alger par l’Aéropostale, c’est sur Laté 32 et ensuite sur CAMS 56 qu’il effectue les liaisons  régulières en faisant escale au début à Palma de Mayorque. Le 22 septembre 1928, un feu moteur l’oblige à un amerrissage d’urgence (renvoi à la chronique du 5 mai 09 : Une panne en mer …).

L’ Extrême-Orient

   En octobre 1929, Marceau Méresse est engagé par Jacques Bréguet pour fonder la compagnie Air-Asie. Après avoir réceptionné le Lioré 198 à Argenteuil et le Potez 32 à Meaulte, il part pour l’Indochine sur un bateau de la compagnie des Chargeurs Réunis, avec le mécanicien Pierreti qui avait mis les appareils en caisse. Sur place il effectue quelques vols  photographiques ou de liaison sur Potez 32 et des vols de reconnaissance de plans d’eau sur hydravion Lioré198 (qui se révéla inadapté au climat chaud et humide)

   Air Asie fusionne avec la compagnie Air Union Lignes d’Orient pour former Air Orient. Les courriers  réguliers commencent sur la ligne Saïgon-Bankok-Saïgon. et parfois jusqu’en Malaisie avec des monomoteurs Farman190 et 200, au-dessus de régions forestières peu hospitalières en cas de panne.

   En mars 1932 sur Focker  F VII,  Marceau Méresse inaugure la ligne Saïgon-Karachi et retour. 17 jours d’absence et 7 jours de présence à Saïgon, ce rythme d’activité rendait la vie de famille difficile à gérer et imposait à l’épouse une lourde charge de responsabilités.

   La médaille d’argent de l’Aéroclub de France lui est attribuée en 1933 pour son importante activité aérienne.

   En Octobre 1933 Air-Orient fusionne avec d’autres compagnies françaises pour former Air France. Au tout début 1934 Marceau Méresse est envoyé à Damas pour effectuer la ligne Damas-Saïgon-Damas, toujours sur Focker F VII. Ce furent alors 23 jours d’absence et 17 jours de présence; une activité professionnelle encore plus difficile à supporter au plan de la vie privée.    

Retour en Méditerranée 

   En janvier 1935, le voilà à Marignane. Il est affecté  au réseau Méditerranéen de Marseille vers Ajaccio, Tunis, Beyrouth, Barcelonne etc…, et il vole sur hydravions Cams 53 et Lioré H 242 (quadrimoteurs). Un jour de tempête, sur Lioré H 242,  un bout de pale de l’hélice du moteur arrière droit se détache et provoque des vibrations qui obligent à l’amerrissage; mais le mécanicien sorti de la carlingue repère le moteur incriminé et réussit à le couper juste avant la tragédie.     

   En 1937, il est fait chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur.

   En 1939, alors qu’il vient juste d’aménager à Saint Victoret, c’est la mobilisation à l’escadrille 3 E1, à Berre, puis il est remis à la disposition d’Air France. En 1940, ce sont de nombreuses traversées à évacuer des militaires vers l’Afrique du Nord.   

A partir du mois de mai 1941 il passe sur Lioré H 246 et continue la ligne régulière Marseille Alger Marseille. Il sera  mitraillé par l’aviation de chasse anglaise, le 13 août 1943, à 55 milles nautiques d’Alger. Il s’en tirera avec brio. Encore quelques liaisons jusqu’au 13 octobre 1943, et c’est l’occupation de la zone libre par les allemands. Chassé de Saint Victoret par la Kommandantur qui veut s’installer dans sa villa, il se retire à Aix-en-Provence. Il effectuera jusqu’à la fin de l’occupation quelques vols de réception au profit de la compagnie Air France.

Madagascar   

Il reprend la ligne à partir de 1945 et part pour Tananarive (Madagascar) créer les liaisons Air France à l’intérieur de « La Grande Ile », sur Junker 52, Douglas DC 3 et Goëland. En 1947, c’est la rébellion à Madagascar et les avions d’Air France sont réquisitionnés pour dégager les populations civiles de plusieurs agglomérations de la côte sud-est, transporter les troupes, effectuer des reconnaissances, mitraillages et bombardements de concentrations de rebelles. Il sera décoré de la Croix de Guerre T.O.E. avec palme et citation à l’ordre de l’armée.

   Le 23 octobre 1950 il est fait Officier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur. 

   Marceau Méresse prend sa retraite le 30 avril 1956 dans sa cinquante et unième année. Il totalise 17. 937 heures de vol, sur un parcours de trois millions trois cent quarante cinq mille sept cent trente kilomètres, soit à une vitesse moyenne de 187 kilomètres par heure.

   L’aviation des pionniers s’achève, pour ainsi dire, à ce moment là avec l’arrivée en service des avions de transport à réaction.

Il est mort à Nice à l’age de 85 ans.

M.M.

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8 Réponses à “Marceau Méresse, notre voisin”

  1. BOULOGNE dit :

    J’effectue des recherche sur ce grand aviateur des lignes Malgaches.
    Pouvez vous me communiquer ou me mettre en contact avec les descendants de ce pilote ?
    Merci

  2. Arin Bernard dit :

    En terminant un devoir de mémoire envers mon père Emmanuel Arin, Pilote à l’Aéropostale et Air France, grâce à ses carnets de vol je me rends compte de liens professionnels qui pouvaient le lier avec Marceau Méresse. couvrant la période 1941/1942.
    Peut être qu’un membre de sa famille sera intéressé par cette proposition

  3. FEUILLOY dit :

    « mitraillé par l’aviation de chasse anglaise, le 13 août 1943, à 55 milles nautiques d’Alger. Il s’en tirera avec brio.  »

    Je pense que si c’est bien le 13 août, c’est en 1942 avant l’invasion de la zone libre

  4. méresse michelle dit :

    bjr, pouvez vs me dire qui vs êtes. pour ma part, mon mari est le propre fils de M Méresse. Vs avez mon adresse mail. Vs allez vs dire que ma réponse est tardivemais je ne vais jamais rechercher de renseignements sur le net concernant notre famille, je suis tombée dessus fortuitement. Cordialement

  5. MERESSE dit :

    je suis le petit fils de Marceau Méresse.
    Cdlt

  6. UEBELHERR Jean-Marc dit :

    Mon grand père était affecté sur les lignes malgaches
    j’ai eu la chance de rencontrer ses mécanos et pilotes qui l’avaient connu.

  7. UEBELHERR Yasmine dit :

    Petite fille de Marceau MERESSE, je suis très intéressée par des documents, des photos, des témoignages que vous pourriez m’apporter pour enrichir ma mémoire de mon grand-père tant aimé, qui, grâce à son affection et à ses soins de père, a pallié à l’absence de mon propre père ( divorcé de ma mère), et qui m’a consacré de longs et intenses instants de sa retraite à m’évoquer l’aviation du 20ème siècle ( et avec une grande modestie SA contribution à cette merveilleuse page de l’histoire des pionniers) ; je serais heureuse aussi de contribuer à enrichir les informations déjà publiées ( et republiées de nos jours grâce à ce merveilleux support qu’est Internet !!), en faisant partager des publications, des écrits de mon grand-père lui-même, des témoignages que j’ai reçus
    ( et que je reçois aujourd’hui encore) d’épouses de ses « coéquipiers », …
    Bien cordialement et avec toute ma reconnaissance à Mr De Kerymel pour ce portrait, et aux auteurs des commentaires qui y contribuent !

  8. Bleneau Jean-Louis dit :

    Ce portrait est intéressant à plus d’un titre mais à l’évidence l’auteur n’est pas trés informé des choses aéronautiques. A titre d’exemple il s’agit d’avions Fokker F.VII et non Focker …

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