Les hydravions d’Antibes

Bouillon de culture -  Les rayons de cette très intéressante librairie niçoise contiennent seulement des livres d’occasion. Grande et bien organisée on peut y déambuler tranquillement ; rien à voir avec le fatras de certaines boutiques. Cependant ce n’est pas un livre usagé que j’ai trouvé là, mais un opuscule tout neuf et fort intéressant consacré à l’aviation : Les hydravions et la base d’Antibes.

Il s’agit d’abord de l’hommage rendu par sa petite fille à un grand père qu’elle n’a pas connu. Albert Terrusse a en effet joué un rôle important au service de l’aviation à Antibes d’abord, puis à Nice.

Quand les parents disparaissent, les enfants découvrent parfois dans leurs affaires des documents dont ils ne soupçonnaient pas l’existence et dont l’intérêt leur apparaît soudain avec évidence. Ils sont conduits à une exploration d’un passé mal connu et ils éprouvent alors le besoin de faire connaître aux autres ce qu’ils ont découvert. C’est à peu près ce qui est arrivé aux auteurs concernant Albert Terrusse et l’hydrobase d’Antibes.

Les auteurs nous proposent d’abord un bref survol de l’histoire des hydravions et de la place qu’ils ont occupée dans la première moitié du 20ème siècle. A Antibes, comme ailleurs, des passionnés prennent leur part à l’extraordinaire engouement des années 1900-1914. Les frères Garbéro, par exemple, ont construit leur propre appareil et ont participé à des meetings ; ils ont même ouvert une école de pilotage. Mais la guerre de 14-18 vient mettre un terme à ce mouvement.

Parce qu’il a passé près de 5 ans dans la Marine comme radio, dès le début des années 20, Albert Terrusse joue un rôle de plus en plus important au service des hydravions. Ses petits-enfants nous racontent comment l’hydrobase s’est rapidement organisée : au fil des pages on voit les hangars se monter, les hommes arriver – un responsable, des radios, des pilotes, des mécaniciens -  On s’imagine être sur le quai quand les maçons construisent le « slip ».

Fernand Lioré qui vient de créer une compagnie aérienne s’intéresse à ce lieu et c’est ainsi que l’Aéronavale s’installe à Antibes. Après les premiers essais, la ligne Antibes Ajaccio débute en 1921 avec trois hydravions Donnet-Denhaut. Ensuite il y aura des LéO-13. Et quand l’Aéronavale devenue Air Union quitte Antibes en 1929 pour s’installer à Marignane, Lioré et Olivier n’en continuent pas moins d’y monter des appareils et de procéder à des essais.

Les auteurs n’oublient pas d’évoquer les drames qui n’ont pas manqué d’endeuiller la base. L’accident du Léo 47 F.APPR le 19 mai 1937  – au moment où il décollait pour un vol d’essai – tient une place importante tant il a ému les personnels de la base et la population antiboise. Le pilote Lucien Bourdin périt dans cet accident ainsi que Robert Blouin, Luce Brochet, Marcel Juin et Charles Rayer.

L’ouvrage se termine par un long développement sur la période de la guerre et l’action des employés de la base pendant cette période. On découvre les destructions subies, car les Allemands ont fait sauter une grande partie des installations. Après la guerre, l’hydravion apparaît dépassé et l’hydrobase d’Antibes est fermée. Albert Terrusse est affecté à l’aéroport de Nice où il terminera sa carrière. Aussi l’histoire du champ d’aviation de Nice-Californie est-elle contée en quelques pages.

Si vous vous promenez aujourd’hui à Antibes le long de l’anse Saint Roch et au pied des remparts, vous aurez beaucoup de mal à croire en la présence d’hydravions en ces leux. Devant la masse des bateaux de plaisance de toute taille, comment imaginer que des appareils partaient de là pour traverser la Méditerranée avec leurs passagers ? Ce fut pourtant la réalité, dans les années de l’entre-deux guerres. Ouvrez les pages de cet opuscule : elles vous feront revivre cette période de manière particulièrement attrayante, servies par la belle et abondante iconographie qu’elles renferment.

Et si vous vous intéressez à l’histoire de l’aéroport de Marignane entre 1920 et 1950, vous trouverez là le nom d’un certain nombre de pionniers, navigants ou non : Amourettou, Cariou, Cattelin, Mazevet, Pommereau, Ponce, … 

CG de K

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Elisabeth et Claude ANTONINI BASSET-TERRUSSE, Les Hydravions et la base d’Antibes – Une page de l’histoire antiboise très peu racontée, Antibes, 2005, format 21×29,7, 76 pages – édité par les auteurs.

NB – Les auteurs disposent encore de quelques exemplaires de cette brochure. Si vous souhaitez l’acquérir vous pouvez : soit rédiger un message en utilisant la fonction « Contact » de ce blog et je transmettrai,  soit envoyer un courriel aux auteurs  : anto.antiboul at wanadoo.fr

3 Réponses à “Les hydravions d’Antibes”

  1. CAPLET dit :

    Bonjour,
    Pasionné par tout ce qui concerne l’histoire de l’aéronautique, je souhaite acquérir l’ouvrage « Les hydravions et la Base d’Antibes ». Merci de me préciser s’il est encore disponible; le prix avec frais d’envoi; l’adresse à laquelle je dois faire parvenir mon chèque.
    Cordialement,

  2. revol dit :

    Bonjour. Ce livre est il encore disponible c. Est une page d histoire de l aviation.
    Bonne journée à bientôt

  3. TARTAT dit :

    Bonjour,
    Pouvez vous me dire si dans ce livre. il y a des photos ou ci c est que du recit ou les deux.
    J’habites antibes et j aimerai connaitre l histoire Hydravions et la base d’Antibes.
    Cette adresse email est surement hs.
    anto.antiboul at wanadoo.fr
    En vous remerciant

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