Mes voisins et l’aviation (suite)

Le Chemin des Cibles tient une place de choix dans ma mémoire, et pour cause, puisque je suis né là. Je l’ai parcouru plus ou moins régulièrement pendant plus de 50 ans !  Dans une précédente chronique, c’est en le parcourant que j’ai commencé à égrener mes souvenirs.  Et je m’étais arrêté là, au milieu du chemin, à l’angle de la rue qui permet de rejoindre l’avenue de la gare (aujourd’hui rue du Maréchal Joffre).

Je n’avais pas nommé Mussi, un navigant qui résidait là, dans une petite maison, parce que je ne me souvenais pas de lui, tout simplement. Pourtant, je connaissais son épouse, puisqu’il s’agit de Cécile Jellade. Depuis, j’ai eu le grand plaisir de retrouver Cécile Mussi, chez elle.

maljoffrefc448.jpg L’une des premières maisons, à droite, en montant vers l’avenue de la gare était occupée par les Vennat. Alexis Vennat était mécanicien et il avait était en poste à Damas. Suzanne, leur fille, a l’age de ma sœur. Elle a épousé Roger Pierre et nous les avons retrouvés à Paris, bien des années plus tard. A la fin du mois de juin je suis allé lui rendre visite ; en consultant son album de photos nous avons évoqué « les pionniers » de notre quartier.

Je n’avais pas en mémoire plusieurs des noms qu’elle a cités :  Crampel, Payan, Vautier, Valette, que son père avaient connus en Syrie, mais aussi Bolaert ou Montaubin.

Pendant quelques semaines ou quelques mois je passais régulièrement devant la maison des Vennat pour aller un peu plus loin chez Madame Le Duff. En quelle année était-ce ? 1948 ? peut-être ? Mes parents lui avait demandé de me donner quelques leçons de français. Les Le Duff avait une fille de l’age de ma sœur.

Jean Le Duff, radio-navigant, avait été victime d’un drame de l’aviation le 27 novembre 1940. Ce jour là, le pilote n’était autre qu’Henri Guillaumet et il y avait à bord Jean Chiappe qui venait d’être nommé Haut Commissaire au Levant, ainsi que Reine, Montaubin et Franques. Mais cela je ne l’ai appris que beaucoup plus tard.

Mais continuons notre promenade, nous allons déboucher dans l’avenue de la gare où l’aviation civile était bien représentée. Je songe d’abord à la famille Bordère. Jean Bordère était radio à l’aéroport de Marignane. Je me souviens très bien avoir été invité par Madame Bordère. Quel age pouvais-je bien avoir ? … 7, 8 ou 10 ans, tout au plus. Quel était le motif de cette invitation ?  je l’ai oublié : ce ne devait pas être ma préoccupation d’enfant ! Cependant, je crois avoir éprouvé alors quelque fierté de cette invitation !

Un peu plus bas, une grande maison occupe le terrain situé à l’angle de la rue qui monte vers la colline (aujourd’hui rue Dieudonné Costes). Un radio-navigant habitait là : Henri Gloux. Ses fils ont été un moment les condisciples de mes frères à La Viste, aussi ai-je entendu souvent prononcer ce nom. J’était pourtant trop jeune pour garder des souvenirs personnels de cette famille. Les évènements m’ont amené à évoquer la disparition dans l’Atlantique le 1 aout 1948 du Lionel de Marnier (Laté 631 F.BDRC). Le pilote était Corentin Kersual qui avait un moment habité Marignane et le radio était Henri Gloux.

Tournant le dos à la gare, remontons le boulevard vers le bassin. Laissant à gauche la maison des Bordère, nous passons devant celle de Constant Simonet,  pilote d’hydravion. Plus loin encore habitaient Robert Hautot, radio-navigant,  et Georges Pierre qui a été chef d’escale d’Air France à Marignane.

Il y a quelques semaines, ma sœur et moi évoquions nos souvenirs. Mon aînée de quatre ans et dotée d’une excellente mémoire elle a nommé beaucoup d’autres voisins, navigants ou non. Quelques’uns demeuraient présents à ma mémoire : Félix Coupiat, Georges Deloustal, Robert Douetil, Louis Gauthé, Albert Laget, Edmond Larbonne, Ronan Le Gall, Paul Mazevet, Marceau Méresse, Paul Morvan, Pierre Ordener, André Parayre, Yves Ripault, Henri Tavernier, Pierre Viré.

Charles-Guy

Question : quel(s) pionnier(s) de l’aviation civile convient-il d’ajouter à la liste de « nos voisins » ?

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4 Réponses à “Mes voisins et l’aviation (suite)”

  1. Martin dit :

    Tu dis que Jean Le Duff a été victime d’un drame de l’aviation le 27 novembre 1940, mais tu ne dis pas ce dont il s’agit.

    Tu ne veux pas préciser les choses ?

    Bises.

  2. pdlaviation dit :

    Passant dans une zone où se déroulait des combats aériens, leur avion a été mitraillé par un appareil italien.

  3. Gérard FAURE dit :

    Corentin KERSUAL sur vidéo : DE BISCAROSSE A GENEVE, SUR L’HYDRAVION LATECOERE 631
    Les Actualités Françaises – 01/07/1948
    GP du Latécoère 631-06 – La cabine (intérieure) de pilotage (navigateurs, radios) – Les passagers à l’intérieur de l’avion prennent le thé – VG des montagnes à l’approche de Genève – survol de Genève – prise de l’avion – GPP du commandant KERSUAL, vétéran des lignes transatlantiques – VG du Latécoère sur le lac Léman – PR du Latécoère avec inscription Air-France.
    http://www.totalvod.com/01-07-48/gratuit/de-biscarosse-a-geneve-sur-l-hydravion-latecoere-631-01-07-1948-101682.html
    Très cordialement,
    Gérard FAURE – 13 Vitrolles

  4. Mannello-Simonet dit :

    Bonjour, je suis la petite fille de Mr Constant Simonet, Virginie, je suis vraiment trés surprise qu’il existe ce jour un article qui parle de mon cher et tendre grand père. Je suis trés contente qu’une personne parle de lui. Aprés tout,ce fut un grand monsieur et croyez moi c’est sans prétention car on voit toujours les memes noms de marqués dans les articles. Je vous en remercie beaucoup et cela fera également plaisir à ma mère Nicole Simonet-Laugier.

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