Constant Simonet, pilote d’hydravion

S’il n’a jamais appartenu à une compagnie aérienne, Constant Simonet n’en a pas moins été un pionnier de l’aviation civile. En effet,  après avoir servi une vingtaine d’année dans l’Aéronavale, il a travaillé plus longtemps encore au Centre d’Essais en Vol (CEV). Très attaché à l’histoire des hydravions, leur disparition l’a touché au plus profond de lui-même.

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Constant Simonet est né à Arraincourt, près de Metz le 13 février 1908. Sa carrière débute en 1924 : le 16 octobre, il entre à l’école des mécaniciens de la Marine, il a 16 ans ½. En 1925, le 12 janvier, il est apprenti marin et le 25 juin il rejoint le Centre d’Aviation Maritime (CAM) de Berre-l’Etang (BdR) : c’est son premier passage dans la région.

En 1926,  il est affecté au CAM de Rochefort à la date du 1er avril. Le 17 juin il est matelot de 2ème classe et il obtient son brevet élémentaire de mécanicien d’aéronautique. Au mois d’octobre, il part au Maroc avec l’escadrille 5B2 qui est équipée de Farman F.65 Goliath et qui sera basée à Fès. Avec son escadrille, il participe aux nombreux vols de photographies aériennes effectués par la 5B2 entre 1926 et 1927 à la suite de la guerre du RIF.

Le 23 février 1927, il obtient le brevet de mécanicien volant (Brevet n°1754)  et il est promu quartier-maître à la date du 1er juillet. Il revient en France à la fin de l’année ; il totalise alors 417 heures de vol. En 1928 il est affecté au CEAM d’Hourtin où il se forme au pilotage des hydravions. Le 10 novembre 1928 il obtient son brevet de pilote (brevet n° 1411) ; il n’a pas encore 21 ans.

En 1929 la Marine l’envoie au CAM de Karouba, il restera en Tunisie plusieurs années. Le 1er août il est promu second-maître. Le 30 juin 1932 il reçoit la médaille militaire. Il est promu maître à la date du 1er octobre 1934. En 1935, il totalise 1000 heures de vol. En 1937, il revient au CEAM d’Hourtin pour passer le brevet supérieur.

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En 1938, le voilà à l’EGAN d’ Orly (organisme chargé de réceptionner les appareils commandés par la Marine). C’est dans ce cadre qu’il va à Caudebec pour procéder aux  opérations de réception du Breguet 730. Au cours d’un vol d’essai, alors que le pilotage est assuré par Jean Maret, le pilote d’essai de Breguet, l’appareil s’écrase sur le sable près du Havre. En plus de l’équipage du constructeur, il y a à bord un équipage complet de la Marine commandé par le LV Lainé et comportant, outre Simonet, le radio Le Gall et le PM Brélivet et sans doute d’autres militaires. L’accident fait 2 morts. Constant Simonet a la chance d’en réchapper mais il s’en tire avec des blessures assez sérieuses … et une grosse frayeur. Il est promu premier maître à la date du 27 octobre 1938.

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Voilà la guerre. Constant Simonet est d’abord rattaché à la BAN de Lanvéoc-Poulmic (rade de Brest) avant d’être envoyé à Port Lyautey en septembre 1940 puis au CFI de Sidi Abdallah (Bizerte) en août 1941 où il ne reste que quelques mois. En 1942 il est à la BAN de Lartigue (près d’Oran), quand les américains débarquent en Algérie. En juillet 1943 il retourne au Maroc, à la BAN d’Agadir. Et c’est à la BAN de Dakar qu’il va vivre les derniers mois de la guerre. Avec son escadrille, la 7FE, il participe à des opérations d’exploration.

Le 17 août 1945, Constant Simonet est promu officier de 2ème classe des Equipages et il est affecté à la BAN de Cuers où il va achever son temps de service dans la Marine.

Le 15 décembre 1945 il quitte la Marine avec de très beaux états de service puisqu’il a atteint un grade qui devait lui sembler inaccessible à son arrivée à l’école des mécaniciens, 21 années plus tôt.

En 1946 il entre au CEV, d’abord au centre de Marignane, puis à Berre. Il participe pendant une dizaine d’années à la formation des pilotes d’Air France sur hydravions, Laté 631 et SE200 en particulier. Il semble aussi avoir travaillé à la mise au point des hydravions d’entraînement ou de liaison SCAN 20 et SCAN 30.

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Il est ensuite affecté à Istres où il veille aux « premiers pas » des avions à réaction français en tant que chef de base. Cependant cette affectation ne le contraint pas à un déménagement et il reste domicilié à Pas-des-Lanciers, sur la commune de Marignane. Mais c’est à Saint-Victoret que Constant Simonet épouse Henriette Maille le 3 janvier 1948.

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Il quitte le CEV en 1971 avec 25 ans de service mais après avoir passé 45 années de sa vie dans l’aviation. Il prend sa retraite « sous les avions », dans sa maison de Pas-des-Lanciers qu’il a nommée La Croix du Sud. Là où elle est bâtie, il peut profiter pleinement des canadairs et différents courriers qui viennent de décoller ou qui s’apprêtent à atterrir !   »C’est là qu’avec le plus grand respect j’écoutais mon grand père me raconter les péripéties bonnes et moins bonnes de sa vie« , confie sa petite-fille.

Constant Simonet s’éteint le 14 août 1995 après avoir parcouru l’essentiel du 20ème siècle et peu après la naissance de son arrière petit fils. La ville de Marignane donnera son nom à une rue du quartier des Beugons.

Famille Simonet

Décorations : Médaille Militaire, Croix de Guerre, Officier de la Légion d’Honneur, Officier du Mérite et du Dévouement, Chevalier du Ouissam Alaouite, Médaille Coloniale, Médaille d’Honneur du travail

PS. Je tiens à remercier chaleureusement Lucien Morareau pour l’aide chaleureuse qu’il a apporté à la rédaction de ce portrait. Chouguy

Sources : Famille Simonet-Laugier – Lucien Morareau

Question : des anciens du CEV ont-ils travaillé avec Constant Simonet à Marignane, à Berre ou à Istres ? 

2 Réponses à “Constant Simonet, pilote d’hydravion”

  1. vir2709 dit :

    Je suis super fière et trés contente de pouvoir enfin lire un mémoire de mon chère grand-père.Je tiens encore à vous remercier,et trés heureuse de vous avoir connu.Encore merci de ce que vous venez de réaliser.A bientot,amicalement Virginie Mannello(petite fille de Mr Simonet).

  2. Szkolnik dit :

    Une belle façon de concilier l’aviation a la marine.

    Certains visionnaires ne sont pas là au bon moment.
    Avant l’heure c’est pas l’heure, après l’heure c’est plus l’heure ……..

    Merci Constant pour ce que tu as réalisé.

    Un ancien Marignanais… A Toulon maintenant.

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