D’Antibes à Marignane avec Air Union

4 mai 2009

Pourquoi parler d’Antibes ? 

Mais c’est bien simple : je ne serais pas un “enfant” de Pas-des-Lanciers, s’il n’y avait pas eu Antibes ! 

C’est à Antibes, en effet, que Joseph de Kerimel a entamé sa carrière dans l’aviation civile.

Papier à lettre

Dès le début des années 1920 l’Aéronavale avait installé à Antibes une hydrobase. Des hydravions partaient vers Ajaccio et, de là, vers Bône et Tunis. En 1924 L’Aéronavale est devenue Air Union – Aéronavale, qui adoptera ensuite le nom d‘Air Union. Sébastien Flamanc, lui même pilote, assure la direction de l’antenne locale d’Air Union.

Par la suite, la compagnie décide de transférer son escale à Marignane. Quand  il est embauché à Air Union, en décembre 1927, mon père sait que ce transfert devrait être réalisé en 1928 ou au début de 1929. Aussi ma mère et mes frères ne l’ont-ils pas suivi à Antibes. La famille réside alors en Normandie et ce n’est qu’en 1929 qu’elle s’installera  aux Pins”, chemin des Cibles, sur la commune de Saint-Victoret.

Air Union quitte définitivement l’hydrobase d’Antibes en mars 1929. Le premier vol Marseille-Ajaccio-Tunis  décolle de Marignane le 19 mars.

La plupart des agents de la compagnie, navigants ou non, sont venus s’installer dans les alentours de l’aéroport de Marignane. Plusieurs employés d’Air-Union sont rayés de la liste électorale établie pour l’année 1929. Concernant Pierre Le Bat, cette liste fait explicitement référence au transfert de son inscription à Marignane.

Photographie d’une partie de l’en-tête du papier à lettre d’Air Union utilisé en 1927 

Sur les registres de recensement de 1931 des communes de Saint-Victoret ou de Marignane, on trouve quelques personnes recensées à Antibes en 1926, entre autres Jacquot, Ponce et Le Bat.

Voici une liste non exhaustive des anciens d’Antibes venus à Marignane : Marc Cariou (pilote), Sébastien Flamanc, Albert Jacquot, Joseph de Kerimel, Pierre Le Bat (mécanicien), Jean Ponce (pilote), Pierre Mazevet, France Ricord (dactylo). Il semble bien qu’Honoré Amourettou soit lui aussi venu à Marignane, puisque je trouve son nom inscrit dans un vieeil agenda de mon père, en 1945

Je n’avais pas trouvé la trace de France Ricord à Marignane. Mais j’ai appris depuis par Françoise Kersual qu’il s’agissait de sa mère. En 1931 Corentin Kersual et son épouse, France Kersual, résidaient bien à Marignane, à La Grande Estrade.

Un autre élément rattache les deux aérobases : Jean Bordère était radio à Marignane tandis que son frère Louis exerçait la même activité à Antibes.

 Charles-Guy de Kerimel

Sources : Les  Archives d’Antibes et les archives des Bouches-du-Rhone (Recensements)

Question -  Qui faut-il ajouter à la liste des anciens d’Antibes ?

Les pins, sous les avions

27 avril 2009

Quand j’étais enfant et jusque dans les années 50, les avions passaient très près des pins, surtout à l’atterrissage. Je n’ai pourtant jamais eu peur qu’ils ne tombent dans la pinède  ! Etait-ce justement parce que leurs passages m’étaient familiers ?

Il n’empêche, nous pensions souvent qu’ils volaient très, très bas !  

Un après-midi d’été, le directeur de l’aéroport, M Artola, était venu passer un moment dans la pinède avec sa famille. Habitant au bord des pistes, ils apprécièrent l’ombre des pins … mais ils furent étonnés par le bruit ! Les nombreux avions passant devant chez eux circulaient lentement, le régime moteur au plus bas ; ce n’était pas le cas de ceux qui nous survolaient, même à l’atterrissage ! 

Ma mère lui faisant remarquer qu’ils passaient souvent au ras des pins, M Artola fut obligé d’en convenir. Il nous avoua alors qu’on avait trouvé une branche de pin prise dans le train d’atterrissage d’un appareil.  

Des années plus tard, je fis état de cet aveu à quelques navigants qui se trouvaient derrière moi lors d’une conférence, au Musée de l’Air du Bourget. Loin de paraître étonné, l’un d’eux me dit que le fait n’était pas isolé et qu’il arrivait fréquemment, à l’époque, que tel ou tel avion accroche la cime des pins.

Je n’ai malheureusement jamais pensé à me munir d’un appareil photo !

Charles-Guy

Question : Y a-t-il d’autres témoignages de tels faits ?

Mes voisins et l’aviation

24 avril 2009

Le Chemin des Cibles. Combien de fois ne l’ai-je pas parcouru pour me rendre dans le quartier de la gare ! Tout ce que je laissais sur ma gauche appartenait à la commune de Saint-Victoret ; à droite, c’était Marignane.  Car le quartier de Pas-des-Lanciers-gare se trouvait à cheval sur 2 communes ; cela m’a toujours paru bizarre, mais c’est ainsi et ça n’a pas changé, que je sache. 

 cdre.jpg

L’une des premières maisons, après le grand cèdre (photo ci-dessus), appartenait à Madame Jellade. Son mari était radio-navigant et je savais qu’il avait été victime d’un accident. Quand elle était dans son jardin nous échangions quelques mots. Je connaissais leur fille, bien sûr.    Je n’avais qu’à me retourner pour me trouver face à la maison de Monsieur Bernard, pilote. Je le croisais de temps en temps mais je voyais souvent son épouse, toujours aimable. Et je connaissais bien leurs deux enfants.   Un navigant habitait paraît-il la maison d’à côté ; je ne m’en souvenais pas. J’ai appris depuis qu’il s’agissait de Mussi et qu’il avait épousé mademoiselle Jellade.  Un peu plus loin, côté gauche, il y avait les Sarrazin. Marcel Sarrazin était mécanicien-navigant. Lui aussi a été victime d’un accident, mais celui-là est resté dans toutes les mémoires parce que l’un des passagers s’appelait Marcel Cerdan. J’ai bien connu Madame Sarrazin et leurs deux enfants. De temps à autres, quand je passe à Pas-des-Lanciers, je rends visite à leur fils. Ma mère habitait en face, à la fin de sa vie. Passant d’un côté à l’autre du Chemin des Cibles, elle avait franchi la limite des deux communes. Elle était locataire d’un pionnier de l’Aéronavale (Marine) : Monsieur Reynier. J’en profite pour lui exprimer ma profonde reconnaissance et lui dire mon amitié.  Un peu plus loin, “Ker-Maria”, la maison des Pierre. Ancien pilote de la Marine, Désiré Pierre  travaillait au Véritas. J’ai très bien connu son épouse et ses trois enfants, spécialement Désiré que nous appelions Dédé ; il était à peine plus âgé que moi. Jeannine vit toujours dans la maison construite par son père dans les années 30, l’une des toutes premières maison bâtie sur ce chemin. 


Atterrissage 

  

Plus d’un ½ siècle est passé.  Me voilà à nouveau sur le chemin des Cibles. Des souvenirs remontent à ma mémoire, le cèdre est toujours là et les avions passent toujours au dessus du quartier (vignette ci-contre) , mais ils sont plus gros et plus bruyants que ceux de mon enfance !

Pourtant, je suis certain d’avoir oublié quelques noms et je compte sur mes voisins pour raviver mes souvenirs et pour venir enrichir ce blog.

Charles-Guy de Kerimel

  Question : Quel autre pionnier de l’aviation civile habitait Chemin des Cibles ? 

La série d’accidents d’un radio-navigant

20 avril 2009

A l’époque héroïque de l’aviation civile, les accidents étaient monnaie courante, graves ou bénins. Tous les navigants y ont été confrontés.

Les archives d’Air France m’ont permis de suivre à la trace, si je peux dire, quelques’uns d’entre eux. Voici ce qu’a vécu l’un de nos concitoyens, le radio-navigant Robert  Ferrisse.

Le 28 août 1934, il vole sur la ligne Tanger-Rabat à bord du Laté 28  - F.AMXV. C’est Joffre qui pilote. A bord il y a 8 passagers, de la messagerie et “la poste”.  « A l’atterrissage à Rabat l’appareil heurte un talus”. Tout le monde est indemne.

Le 8 octobre 1934, piloté par Durand le Breguet 393 – F.ANEJ s’apprête à décoller de Casablanca pour transporter à Tanger 5 passagers et du fret (messagerie, la poste et des journaux). Le mécanicien Mouttet fait également partie de l’équipage. Il est 5 heures du matin et il y a de la brume. L’appareil fait “une embardée à gauche, le pilote coupe les gaz – Atterrisseur droit faussé, plan droit faussé” -  Heureusement, tout le monde est indemne. A 5 heures 45, l’équipage et les 5 passagers repartent avec le fret sur le Laté 28 – F.AMXV. (C’est bien le Laté 28 qui avait été accidenté à Rabat  1 mois ½ plus tôt)

Quatre jours plus tard, le 12 octobre, au moment où le Laté 28 – F.AJOZ arrivant de Barcelone et piloté par Arin atterrit à Alicante, il fait un  “cheval de bois en fin d’atterrissage, le train gauche s’efface sous le fuselage”.  Tout le monde est indemne et le voyage continue avec un autre appareil.

Le 21 novembre 1934 le Laté 28 – F.AMXV  - encore lui !- vient d’arriver à Alicante piloté à nouveau par Joffre. “L’appareil en cours de déchargement est heurté  par un Bréguet. Dégâts en bout de plan, réparation sur place – tout le monde est indemne

Le 20 janvier 1935, le Laté 28 – F.AJPG  piloté par Dedieu atterrit.  L’appareil est plaqué au sol par une rafale. Train droit à changer. Tout le monde est indemne – Le voyage continue sur le F.AJPB

Voilà les petites émotions d’un radio-navigant en à peine 5 mois.

J’en profite pour saluer son fils, Guy Ferrisse. Comme d’autres, il sait que les accidents n’étaient  pas toujours aussi anodins.

Guy m’a beaucoup encouragé dans ce projet de blog et je l’en remercie, n’oubliant pas que nos mères furent un temps les deux seules femmes du Conseil Municipal de Saint-Victoret.

Charles-Guy de Kerimel

Sources : Les  Archives d’Air-France

Question :  Le pilote Dedieu a-t-il habité Saint-Victoret ou ses environs ?

Un point d’histoire

16 avril 2009

A Saint-Victoret, on a pu voir des avions dès le début du 20ème siècle,  sur “le camp”. Il y eut là quelques hangars, une école de pilotage, et quelques amateurs éclairés ont pu s’offrir un baptême de l’air. Mais il ne s’agissait pas à proprement parler d’une activité de transport aérien.

Ecole de pilotage de PdL

D’après le beau livre de Michel Olivier, Aéroport Marseille-Provence – 65 ans d’aviation commerciale, (Edisud, Marseille, 1987) le “premier service aérien au départ de Marignane eut lieu en 1921 vers Nîmes” (p.42).

Si l’on en croît le site consacré à l’Aéropostale, le 11 septembre 1921 Achille Enderlin aurait fait  “l’ouverture d’une nouvelle ligne entre Marseille et Alger avec le prototype de l’hydravion Laté 21”. 

L’aéroport a été inauguré l’année suivante, le 29 octobre 1922.

Pourtant, pendant plusieurs années encore, l’installation d’un aéroport à Marseille a été débattue. Cela n’a pas empêché les avions de décoller et d’atterrir – et les hydravions d’amerrir  – en nombre de plus en plus important. Mais le vrai démarrage de l’Aéroport de Marignane date de 1923. Cette année-là, Georges Latécoère établit une liaison vers Perpignan ou Barcelone où elle rejoignait la ligne Toulouse-Casablanca.

En 1923, on a enregistré à Marignane “413 mouvements d’avions et 57 passagers !” Michel Olivier cite quelques noms de pilotes qui ont fait vivre cette ligne dans des conditions difficiles : Gonin, Guillemet, Camoin, Bredignan.

Il n’est pas question ici de faire l’histoire de l’aviation civile ni celle de l’aéroport de Marseille-Marignane. Cependant, il semblait utile de situer le début de l’aventure avant d’évoquer les hommes et les femmes qui l’ont vécue. 

C’est évidemment à partir de ces dates  - 1920-1923 – que l’on pouvait rencontrer des saint-victoriens parmi les employés de l’aviation civile, navigants ou non !

Question : quels ont été les premiers saint-victoriens employés de l’aviation civile ?          Pour répondre utilisez la fonction commentaire 

NB – La photo ci dessus reprise d’une carte postale du début du 20ème siècle m’a été communiquée par Fernand Revilla. Je l’en remercie vivement.  CGdeK 

Chronique modifiée le 1-05-09

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